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Emmanuel Macron dénonce une « désinhibition du racisme » et de « l’antisémitisme », visant le RN et LFI

· Politics

Emmanuel Macron a dénoncé, mercredi 28 octobre, une « désinhibition d’un antisémitisme chez certains et une désinhibition du racisme chez les autres », visant La France insoumise (LFI) et le Rassemblement national (RN), appelant à un « sursaut » après l’attentat « terroriste raciste » de Trappes (Yvelines).

Interrogé par le journaliste et youtubeur Hugo Travers sur les responsables d’un climat parfois raciste qui a pu favoriser cet attentat, le chef de l’Etat a estimé qu’il y avait « des mouvements politiques qui ont laissé s’installer cela à l’extrême droite », citant le RN et « ceux qui leur sont proches ». Il a aussi évoqué « une forme de désinhibition des propos », « un racisme d’atmosphère », « une désinhibition des violences ».

Durant le conseil des ministres, dans la matinée, le président de la République avait plaidé pour « l’unité » et « la dignité » après l’attentat « terroriste raciste » perpétré vendredi à Trappes, qui a coûté la vie à Pengo Bossio Wangi, un Français de 26 ans d’origine africaine. Il a aussi décidé de la tenue prochaine d’un rare « hommage national » pour les victimes, présidé par le premier ministre, Sébastien Lecornu.

Depuis cet attentat qui a aussi fait plusieurs blessés graves, le débat politico-médiatique, déjà conflictuel, s’est envenimé d’un cran supplémentaire, la gauche mais aussi des figures plus centristes reprochant à l’extrême droite et à certains médias d’avoir créé un terreau favorable au passage à l’acte.

« Compassion »

Au surlendemain des premières mesures proposées par le gouvernement aux lycéens pour répondre à leurs revendications, Emmanuel Macron a, au cours de cet entretien sur la chaîne YouTube du média HugoDécrypte – un format privilégié par l’Elysée pour s’adresser à la jeunesse – appelé les lycéens à « reprendre les cours » dans « le calme » à la rentrée, lundi 2 novembre.

« Je souhaite qu’à la rentrée, après les vacances de la Toussaint, les lycées puissent rouvrir parce que quand on parle de l’avenir de notre jeunesse, il faut qu’elle puisse reprendre les cours », a-t-il dit. « Ce que je souhaite surtout c’est, compte tenu du fait que la jeunesse a été entendue, qu’elle puisse reprendre les cours, que le calme revienne et qu’on puisse rouvrir dans des bonnes conditions ces lycées », a insisté le chef de l’Etat.

Emmanuel Macron a par ailleurs eu, pour la première fois, un mot de « compassion » pour les jeunes manifestants blessés par les forces de l’ordre, après plus d’un mois de mobilisation qui s’est élargie à d’autres revendications sociales.

Emmanuel Macron s’est dit, auprès d’Hugo Travers, « dans la compassion et le soutien à tous ». « Evidemment que ça me fait mal quand je vois nos adolescents, nos jeunes qui sont frappés et qui subissent cette conséquence directe dans leur chair », a poursuivi le président de la République, alors que la stratégie du maintien de l’ordre et la réponse policière aux mobilisations lycéennes ont été critiquées à gauche et par plusieurs ONG.

« De la même manière j’ai vu des policiers qui étaient blessés, de très jeunes policiers », a également mentionné le chef de l’Etat, pour qui « il faut maintenant revenir au calme des deux côtés ». « A chaque fois que des policiers ont été engagés dans des actes qui n’étaient pas normaux, il y a des enquêtes qui ont été ouvertes », a affirmé Emmanuel Macron.

Concernant la stratégie du maintien de l’ordre, le chef de l’Etat a assuré que la décision d’avoir éloigné les manifestations à la périphérie des villes, samedi 24 octobre, a permis de « sauver beaucoup de centres-villes », parce qu’elle a permis « d’éviter que ceux qui utilisent ce contexte [de manifestation] viennent tout casser ».