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En Corse, pour mieux lutter contre la mafia, la justice veut s’attaquer à la « bourgeoisie criminelle »

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La justice veut mettre sa lutte contre la mafia corse au niveau d’une réalité complexe qu’elle a longtemps sous-estimée. Après avoir créé, en 2025, le Parquet national anticriminalité organisée (Pnaco) et un pôle régional (Praco) installé à Bastia, elle entend désormais changer son logiciel mental. Pour certains piliers de la magistrature, il ne suffirait pas de s’attaquer aux crimes et délits pour contrer ce fléau. Car, disent-ils, ce n’est pas la seule violence des voyous qui leur permet de contrôler un territoire, c’est aussi la complicité de ceux qui relaient leurs intérêts dans la société.

Fort de ce constat, Nicolas Bessone, procureur de la République de Marseille, a indiqué au Monde vouloir ouvrir un nouveau front judiciaire. En première ligne de ce combat, en tant que chef de la juridiction interrégionale spécialisée (JIRS) en matière de lutte contre le crime organisé, il gère les principaux dossiers liés à la mafia corse. « J’ai demandé à mon parquet, dit-il, de s’intéresser davantage à la “bourgeoisie criminelle” en Corse, cet environnement social composé de “cols blancs” apportant leur soutien logistique ou financier aux voyous. Cette proximité échappait jusque-là à la loi, alors qu’elle a rendu possible un véritable basculement sociétal permettant aux criminels de peser sur l’île tout entière. »

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