En Géorgie, le plus long mouvement de contestation de l’histoire du pays, vitrine de la résistance : « On défend notre avenir européen »
Les manifestants arrivent devant le Parlement au son des tambours, en brandissant des drapeaux géorgiens, européens, ukrainiens et américains. Les slogans et les sifflets se mêlent à la musique, une danse guerrière traditionnelle : « Gloire à la Géorgie ! », « A bas la dictature ! », « Libérez les prisonniers politiques ! ». En cette fin juillet, environ 300 personnes de tous âges et tous profils sont rassemblées à Tbilissi pour protester contre le gouvernement de cette ancienne république soviétique du Caucase, dirigé dans l’ombre par l’oligarque milliardaire Bidzina Ivanichvili.
Pour ces Géorgiens, manifester relève du sacerdoce. Voilà plus de six cents jours qu’ils protestent sans interruption devant le Parlement, épicentre de la contestation, contre la suspension, le 28 novembre 2024, du processus d’intégration à l’Union européenne (UE), à laquelle le pays est candidat depuis 2023. C’est le plus long mouvement de contestation de l’histoire de la Géorgie. Des badges, édités à chaque fois que cent jours de manifestation supplémentaires sont franchis, sont arborés fièrement par les protestataires et font office de médailles dans ce qu’ils considèrent comme une « guerre » à part entière. « Nous sommes sur la ligne de front, affirme Nikoloz Tkemaladze, logisticien de 20 ans, son tambour sur le ventre. On défend l’avenir européen de notre pays. La Russie mène une guerre hybride contre nous pour nous priver de cet avenir. »
Il vous reste 81.4% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.