En pleine frénésie de « mégadeals », les entreprises mondiales font fi des tensions géopolitiques
Pas de pause estivale sur le marché des fusions-acquisitions. Jeudi 16 juillet, Uber a annoncé un accord afin d’avaler le spécialiste allemand de la livraison de repas Delivery Hero pour 12,7 milliards d’euros. Le même jour, le conglomérat helvético-suédois ABB dévoilait la plus grosse acquisition de son histoire, avec le rachat de l’équipementier industriel britannique Rotork pour 4,7 milliards d’euros. Et ce n’est pas fini. Au Royaume-Uni, deux fonds d’investissement américains se disputent la compagnie aérienne easyJet, tandis qu’outre-Atlantique le géant du paiement Stripe et le fonds d’investissement Advent courtisent PayPal à travers une proposition indicative valorisant la cible à 53 milliards de dollars (46 milliards d’euros).
La reprise des hostilités autour du détroit d’Ormuz n’a pas calmé les ardeurs des entreprises en quête de croissance externe, ni celle des financiers chassant les bonnes affaires. Pas plus que les premières attaques américaines et israéliennes contre l’Iran, le 28 février, pourtant annonciatrices d’un potentiel choc pétrolier et de perturbations sur les chaînes d’approvisionnement, n’avaient fait dérailler les projets de rapprochement en cours. « Sur le coup, certaines opérations ont été repoussées afin de tenter d’analyser les conséquences du conflit mais, passé la stupeur, le rythme des annonces est resté soutenu », relate Cyril de Mont-Marin, associé gérant chez Rothschild & Co, qui constate : « Les dirigeants d’entreprise appréhendent avec de plus en plus d’aisance l’instabilité de l’environnement économique et géopolitique. »
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