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En Turquie, un vaste scandale de fraude financière éclabousse des proches du pouvoir

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Le scandale est retentissant et ne fait que commencer. Depuis mi-septembre, pas un jour ne passe sans que la presse turque se fasse l’écho de révélations au sujet d’une enquête sur des transactions hallucinantes effectuées sur les marchés de capitaux d’Istanbul. L’affaire est telle qu’elle vient d’atteindre les plus hautes sphères du parti au pouvoir avec la démission, samedi 26 septembre, de la vice-présidente du Parti de la justice et du développement (AKP), Fatma Betül Sayan Kaya.

Dans la matinée du lundi 28 septembre encore, on apprenait qu’un mandat d’arrêt avait été émis contre un certain Iskender Balci. Membre du conseil d’administration de la société de construction navale Ozata Denizcilik, ce jeune homme est surtout connu dans ces hautes sphères pour être le fils de Mustafa Balci, membre de l’Agence de régulation et de surveillance bancaire (BDDK), et le gendre d’Osman Çelik, le vice-ministre du trésor et des finances. Son cas porte à 51 le nombre de personnes arrêtées ou recherchées par les autorités dans cette affaire.

Mais reprenons. Mises bout à bout, les révélations des enquêteurs dessinent en creux une vaste tricherie boursière et systématique, pratiquée avec un cynisme sans limite et un sentiment d’impunité général. Les procureurs ont ainsi enquêté sur les activités frauduleuses de 131 fonds d’investissement détenus par sept sociétés, dont les actifs valent collectivement plus de 826 milliards de livres turques (14,8 milliards d’euros), selon des calculs de médias locaux. Elles ont toutes été placées en liquidation, le 17 septembre, par l’Autorité des marchés de capitaux de Turquie (SPK), qui a précisé qu’elles géraient les biens de plus de 455 000 investisseurs particuliers.

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