En Ukraine, des dronistes attaquent la Crimée depuis des champs de blé
Dans la lumière rouge du coucher de soleil, les silhouettes de deux soldats courbés sur l’une des catapultes, au milieu d’un champ de blé, ressemblent aux Glaneuses, de Millet. Mais la moisson est déjà passée. Nous sommes dans le sud-est de l’Ukraine, à distance raisonnable de la ligne de front, dimanche 19 juillet. Une poignée de jeunes gens s’apprête à faire décoller une série de drones de 3 mètres d’envergure, des Chaklun fabriqués dans le pays, lestés de 10 kilos d’explosifs. Direction ? La Crimée, annexée par la Russie depuis 2014. Nom de l’opération : « Plongée dans le noir ».
Au pied du champ, un bosquet d’acacias et de chênes cache la flottille qui va bientôt prendre son envol. Mais interdiction d’en donner le nombre, comme celui des soldats présents ; quant au nom des systèmes de connexion fixés au châssis des engins, il doit lui aussi rester secret.
« Prince », 32 ans, bob noir à large bord sur la tête, dirige la mission. Pas d’insigne militaire sur son tee-shirt sombre et son pantalon cargo. Les « Oiseaux de Magyar », la plus réputée des quinze unités ukrainiennes de drones sans pilote, sont à l’initiative de 42 % des opérations de ce type menées au mois de juin, et ne s’embarrassent pas des hiérarchies et des uniformes. « A l’automne 2025, on commençait ce genre de tirs, on était stressés. Aujourd’hui, on est cool. »
Il vous reste 72.63% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.