Après six mois d’investigations, magistrats et policiers ont reconstitué l’implacable enchaînement de circonstances qui a provoqué la mort de Quentin Deranque, 23 ans, tué par les coups d’activistes d’ultragauche, le 12 février à Lyon. Le jeune militant identitaire a été frappé à coups de pied, de coude et de poing, alors qu’il était au sol, à l’issue d’une bataille rangée entre deux groupes antagonistes. L’un était venu en défense d’un happening du groupe d’extrême droite féminin Némésis, l’autre en soutien d’une conférence de la députée européenne (La France insoumise) Rima Hassan, donnée dans un amphithéâtre de Sciences Po Lyon.
L’affaire fait l’objet d’une double enquête. L’instruction judiciaire, ouverte pour « meurtre, violences aggravées et participation à une association de malfaiteurs », vise les militants d’extrême gauche suspectés d’avoir participé à des degrés divers aux violences infligées à Quentin Deranque et à d’autres. Une enquête préliminaire distincte pour « violences volontaires », diligentée par le parquet de Lyon, concerne le rôle des militants d’extrême droite dans les événements. Le dossier, consulté par Le Monde, montre une affaire touchant les racines de la violence politique, celle de jeunes radicalisés se donnant rendez-vous dans la rue sans mesurer le funeste destin qu’ils convoquent.
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