Eugène Gréau, le coureur du Tour de France emporté dans la nuit et le brouillard de la déportation
Pour son premier Tour de France, en 1926, il y a cent ans de cela, Eugène Gréau n’a pas été gâté. Ni par les organisateurs (départs à 5 heures, étapes de 300 kilomètres en moyenne), ni par la météo (printemps-été pourri), ni par la voirie (bitumage lacunaire des routes départementales). Résultat : abandon au large de Sarreguemines, le 22 juin, lors de la deuxième étape Mulhouse-Metz, quand le vélo fourni par son équipe J. B. Louvet-Wolber se brise net, victime, comme lui, d’une usure prématurée.
A 22 ans, Eugène Gréau a vite compris que cet avertissement était l’incipit de sa carrière de champion, faite de glorieux coups de pédale et de coups de pompe piteux. Mais il ne se doutait pas que ces mots résumaient déjà sa vie d’homme, débutée en héros du cyclisme, à La Chapelle-Saint-Laurent (Deux-Sèvres), au printemps 1920, achevée en martyr de la Résistance, à la prison de Sonnenburg (Allemagne, aujourd’hui Slonsk, en Pologne), à l’hiver 1943.
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