Olivier Araujo confie une « souffrance intérieure terrible ». Depuis près de deux mois, la ville dont il est maire (Les Républicains), Charly (Métropole de Lyon, 5 000 habitants), est confrontée à une affaire de pédocriminalité. « Fin avril, raconte M. Araujo, une famille est venue me voir avant de porter plainte contre un animateur. Ils étaient encore dans mon bureau que j’ai demandé qu’il soit immédiatement convoqué en mairie. Il a été suspendu tout de suite. »
Jeudi 11 juin, cet animateur d’un centre de loisirs de la ville, que trois petites filles âgées de 3, 6 et 7 ans accusent d’agression sexuelle, de viol et de fait de scatologie, a été mis en examen et placé sous contrôle judiciaire, a révélé France 3 Auvergne-Rhône-Alpes. Peut-être cela permettra-t-il de faire retomber la tension apparue dans la commune. « On se dit toujours que cela ne peut pas se passer chez nous, dit en soupirant M. Araujo. Et quand ça arrive, c’est un tsunami. »
En suspendant immédiatement l’animateur, le maire considère avoir « fait [son] job ». Mais, ensuite, déplore-t-il, « tout nous échappe ». Après que la justice et les enquêteurs ont pris la main, plus « aucune information » ne filtre, ajoute M. Araujo. Et se développe alors peu à peu dans la population ce que l’édile nomme un « sentiment terrible ». Les gens ne comprennent pas : « Que fait la mairie ? » « Pourquoi ce silence ? » « On nous cache des choses… »
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