Festival d’automne : Simon Steen-Andersen, virtuose du collage musical
Dès ses premières créations, présentées lors de ses études au Conservatoire royal de Copenhague, Simon Steen-Andersen a déclaré que sa musique se fondait avant tout sur des énergies. Pas sur des timbres, sur des mélodies ou sur des rythmes… des « énergies ». L’une des premières qu’il a voulu s’approprier est formalisée par un groupe de signes auxquels la voix doit donner vie. Cet ensemble de caractères – qu’on appelle communément « texte » – a inspiré, en 2007, une œuvre, In Her Frown, pour deux sopranos, que le compositeur a accompagnée d’étonnantes indications. Selon lui, le texte d’In Her Frown ne saurait être « totalement intelligible », mais les interprètes peuvent toutefois essayer de « le rendre compréhensible – quoique le jeu n’en vaille pas la chandelle ». Et Steen-Andersen de conseiller à l’auditeur de lire le texte avant ou après la performance, sachant que la soprano numéro un s’exprimera « bouche fermée » et que la numéro deux le fera « sans respirer et en mimant de manière exagérée l’attaque des consonnes ».
Récurrente dans la production de Simon Steen-Andersen, cette prise en compte de l’élément visuel confère au musicien le statut de comédien et au compositeur celui de metteur en scène. Encore plus lorsque l’« artiste sonore » – comme est fréquemment désigné ce Danois aujourd’hui âgé de 50 ans – recourt aux jeux de lumière et aux projections vidéo. Si son catalogue compte des pièces sans dispositif particulier, la plupart des créations qui ont fait la réputation de Simon Steen-Andersen se distinguent dès l’énoncé de leur effectif. Par exemple, Walk the Walk (2020), pour quatre interprètes, tapis roulants, objets, lumière et fumée…
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