Féminicide dans l’Eure : un homme soupçonné d’avoir tué son ex-compagne, quatre ans après une première tentative
Un homme atteint de troubles psychiatriques est soupçonné d’avoir tué son ex-compagne âgée de 30 ans, mère de deux enfants, à Houlbec-Cocherel (Eure) avant de se suicider, quatre ans après une première tentative de meurtre, a fait savoir, vendredi 17 juillet, le parquet d’Evreux.
Alertés par le père de la victime, les gendarmes ont découvert, mardi soir, dans une chambre, le « corps d’une jeune femme, baignant dans une flaque de sang, ayant manifestement reçu plusieurs coups portés au moyen d’une arme blanche, avec à ses côtés un couteau », a raconté Rémi Coutin, procureur de la République d’Evreux, lors d’un point presse.
Il a ajouté que « la jeune femme décédée avait déjà été victime d’une tentative de meurtre en 2022 à Ivry-la-Bataille (Eure) (…) perpétrée » par son compagnon. Ce même homme, âgé de 32 ans, a été retrouvé mort mardi matin, après s’être jeté d’une falaise au Château-Gaillard, une forteresse médiévale située sur la commune des Andelys (Eure). Son autopsie, prévue le 22 juillet, pourrait permettre de retrouver des traces de sang de la victime.
En 2022, l’homme avait porté « des coups de couteau à la jeune femme, qui avait réussi à s’échapper en sautant par la fenêtre de son appartement et s’était réfugiée chez un voisin », selon M. Coutin. Le suspect avait ensuite tenté de se suicider en s’enfonçant un couteau dans la poitrine. Il avait alors été mis en examen pour tentative de meurtre par conjoint et placé en détention provisoire.
107 femmes tuées par leur conjoint ou ex-conjoint en 2024
L’information judiciaire avait permis d’établir que l’auteur souffrait de troubles psychiatriques. En septembre 2023, il avait été déclaré pénalement irresponsable par la cour d’appel de Rouen après avoir reconnu les faits, puis hospitalisé dans un établissement d’Evreux.
En janvier 2024, il avait été transféré dans un hôpital de Mantes-la-Jolie (Yvelines) pour favoriser un rapprochement avec sa famille.
« Il n’a pas été possible, jusqu’à présent, d’obtenir de la part de cet établissement (…) des informations précises » quant à son devenir depuis ce moment, a expliqué Rémi Coutin. « Nous ne savons pas encore quand il en est sorti et selon quelles modalités, a-t-il insisté. Des réquisitions ont été adressées par les gendarmes à cette fin, mais elles n’ont pas encore reçu de réponse. »
D’après les auditions de membres de la famille de la victime, celle-ci voyait de nouveau le mis en cause « depuis un certain temps », malgré l’interdiction qu’il avait d’entrer en contact avec elle, a poursuivi le procureur. Ils avaient « entrepris de se voir régulièrement et de peut-être vivre à nouveau ensemble au moins une partie du temps ».
Cent sept femmes ont été tuées par leur conjoint ou ex-conjoint en 2024, contre 96 en 2023, selon les dernières données de la Mission interministérielle pour la protection des femmes (Miprof).