Gao Yan, autrice de manga : « Mon devoir est de faire connaître Taïwan pour que les gens s’intéressent à nous »
A lire ses mangas, Gao Yan semble avoir développé un trait commun avec nombre d’expatriés : l’autrice et illustratrice taïwanaise installée à Tokyo renoue particulièrement avec sa culture depuis qu’elle vit à l’étranger. Ceci est frappant dans Sukima, son deuxième manga, dont le second tome vient de sortir en France chez Casterman (288 p., 14,50 €), est même un approfondissement de la douloureuse histoire de son pays pour la dessinatrice tout juste trentenaire.
Fortement basé sur son récit personnel, cet opus, dont le titre signifie en japonais « brèche », raconte l’éveil à la politique et à la lutte pour les droits civiques d’une jeune étudiante, Yang Yang, après un coup de cœur pour un jeune militant et la déception amoureuse qui s’ensuit. Dans sa première bande dessinée, The Song About Green (Casterman, 2025), Lu, elle, cultivait une passion pour la culture japonaise et plus particulièrement la musique, aussi grâce à un flirt. « C’est par admiration que ces filles sont amenées à creuser, à comprendre, à mûrir, défend Gao Yan. Dans mon cas, c’est en voulant aller vers des garçons que j’admirais que je me suis intéressée à beaucoup de choses », assure-t-elle lors d’une conversation à distance début juin.
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