La riposte, envisagée depuis plusieurs mois, vient d’être mise à exécution. Jeudi 16 juillet, la CFE-CGC et la CGT ont annoncé, dans un communiqué commun, leur décision de saisir la justice pour contester le gel des retraites complémentaires du privé versées par l’Agirc-Arrco. Les deux organisations de salariés affirment qu’elles prennent une telle initiative après un nouveau refus du patronat de revenir sur l’absence de revalorisation, du 1er novembre 2025 au 31 octobre 2026, au niveau de ce régime coadministré par les représentants des travailleurs et des entreprises. Une illustration supplémentaire des tensions prévalant, depuis plusieurs mois, entre acteurs sociaux dans le pilotage d’institutions paritaires.
En octobre 2025, les gestionnaires de l’Agirc-Arrco avaient été incapables de trouver un terrain d’entente sur la hausse à appliquer aux pensions complémentaires, si bien que celles-ci étaient vouées à ne pas progresser d’un iota sur les douze mois suivants (jusqu’à la fin octobre 2026, donc). Jeudi matin, lors d’une réunion à laquelle participaient les administrateurs du régime, la CFE-CGC et la CGT sont revenues sur cet épisode en soulignant, en substance, qu’il était inconcevable d’en rester là et que des discussions devaient s’ouvrir afin d’augmenter, de façon « rétroactive », les prestations sur la période considérée. Constatant que le patronat leur opposait, « pour la quatrième fois », une fin de non-recevoir, les deux syndicats se tournent désormais vers le tribunal judiciaire de Paris, afin de sortir du « blocage total » orchestré par les mouvements d’employeurs, comme l’explique Denis Gravouil, secrétaire confédéral de la CGT.
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