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« Girl » : à Taïwan, le désir de liberté d’une écolière face à la sauvagerie du quotidien

· Culture

L’AVIS DU « MONDE » - À NE PAS MANQUER

L’AVIS DU « MONDE » - À NE PAS MANQUER

Deux jeunes filles déambulent nonchalamment sur un pont couvert. Pas n’importe lequel. Les cinéphiles avertis reconnaîtront dès l’ouverture de Girl, premier long-métrage de l’actrice taïwanaise Shu Qi comme réalisatrice, le clin d’œil à un des rôles les plus emblématiques de sa longue carrière mêlant cinéma d’auteur et populaire. Dans Millennium Mambo (2001), de Hou Hsiao-hsien, son personnage apparaissait une cigarette à la main traversant le pont Zhongshan de Keelung et ses néons bleus la nuit, sur fond de musique électronique. Un peu plus loin dans Girl, un ballon rouge sortira comme par magie d’un cartable avant de s’envoler, hommage onirique cette fois au Voyage du ballon rouge (2008), également réalisé par son mentor.

L’ombre de Hou Hsiao-hsien plane sur certains détails narratifs ou de mise en scène, sans occulter la singularité du travail de Shu Qi. C’est ce qui frappe en premier lieu devant Girl. Avec ce premier essai baigné d’une profonde mélancolie, la comédienne taïwanaise âgée de 50 ans fait preuve d’une impressionnante maturité, aussi bien dans la manière de tenir son récit que de déployer son univers visuel. Car si le film est inspiré de son enfance au sein d’un foyer marqué par la violence, du père notamment, Girl s’attache à rendre compte de quelque chose de plus large, qui tient d’un rapport au monde. D’une condition. Féminine, bien sûr, reliant les destins d’une fille et de sa mère prises au piège des attentes posées sur elles.

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