« Gorgona » : un « revenge movie » aux accents punk et féministe
L’AVIS DU « MONDE » – À VOIR
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C’est l’été des « revenge movies » au féminin. Après la sortie en salle le 8 juillet de la version longue de Kill Bill, de Quentin Tarantino (Kill Bill. The Whole Bloody Affair), voici qu’arrive sur les écrans Gorgona, de la Grecque Evi Kalogiropoulou, dans le décor crépusculaire d’une cité pétrolière. Ici, l’héroïne, la brune Maria (Melissanthi Mahut), ne manie pas le sabre mais le pistolet, la réalisatrice n’ayant pas eu le budget, a-t-elle expliqué, pour filmer des combats d’arts martiaux.
Alors les balles sifflent, lors d’intenses séances d’entraînement au tir, dans ce premier long-métrage dévoilé en septembre 2025 à la Mostra de Venise, à la Semaine de la critique. L’atmosphère est tendue, alors que Nikos (Christos Loulis), chef de clan fatigué, prépare sa succession. Au risque d’ulcérer ses hommes, il décide que sa protégée et maîtresse, Maria, pourra prétendre au trône. Le meilleur tireur, ou la meilleure tireuse, y accédera.
Découverte à Cannes, en 2020, avec le court-métrage en compétition Motorway 65, la cinéaste et artiste visuelle, née en 1985, a ensuite présenté Sur le trône de Xerxès, en 2022, à la Semaine de la critique cannoise. Evi Kalogiropoulou aime revisiter les figures mythologiques et les univers dystopiques, pour en tirer toute la sève subversive ou émancipatrice, à l’ère post #MeToo. Très lisible, sans doute un peu trop, dans son objectif affiché de renverser l’ordre établi, Gorgona réussit pourtant à nous surprendre en travaillant l’humour, le second degré, les clins d’œil à des films culte (Mad Max), tout en alternant scènes d’action et tableaux alanguis, au cabaret ou lors d’échappées nocturnes.
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