Une enquête a été ouverte après la découverte de graffitis à caractère néonazi à La Flèche, dans la Sarthe, ville conquise par le Rassemblement national (RN) lors des élections municipales de mars, a appris l’Agence France-Presse (AFP) mardi 4 août, auprès du parquet du Mans.
Ces graffitis à la peinture noire, représentant des croix gammées et des croix celtiques, ont été retrouvés en quatre endroits de la sous-préfecture sarthoise, notamment devant l’hôtel de ville et à proximité du lycée public D’Estournelles de Constant, a appris l’AFP de source proche du dossier, confirmant des informations du Maine libre.
Une plainte complémentaire doit être déposée mardi après-midi, après la découverte de plusieurs nouveaux graffitis, « pour un total d’une dizaine », a expliqué de son côté à l’AFP le maire, Romain Lemoigne (RN). « Ce qui est d’autant plus abject, c’est que des lieux symboliques ont été visés », a réagi l’élu, citant notamment des inscriptions à proximité d’un monument aux morts. « Tout a été effacé », a précisé M. Lemoigne, ajoutant que la commune avait déjà connu des dégradations du même type en avril 2025, avant son élection. « On ne tolère aucune idéologie totalitaire. Nous sommes viscéralement contre », a-t-il insisté.
Ouverture d’une enquête judiciaire
Le parquet du Mans a confirmé l’ouverture d’une enquête judiciaire après la découverte « de plusieurs inscriptions type croix gammée et croix celtique dans le centre-ville de la commune ». « Les investigations sont réalisées dans le cadre d’une enquête de flagrance des chefs de dégradation ou détérioration du bien d’autrui commise en raison de la race, l’ethnie, la nation ou la religion », a précisé Marie-Agnès Joly, procureure de la République adjointe du Mans.
L’enquête, sous l’autorité du parquet du Mans, a été confiée à la brigade de gendarmerie de La Flèche, à la suite du rapport de constatation de la police municipale. « Je condamne avec la plus grande fermeté ces actes odieux, qui constituent une atteinte grave aux valeurs de la République, à la dignité humaine et à la sérénité fléchoise », avait écrit le maire sur les réseaux sociaux, dénonçant le « caractère néonazi, fasciste et antisémite » de ces graffitis. « Ces actes n’ont pas leur place dans notre ville, pas plus qu’ils n’en ont dans notre République », avait ajouté l’élu.
La deuxième ville de la Sarthe, qui était dirigée depuis 1989 par le Parti socialiste, est devenue la première municipalité RN de la région Pays de la Loire, à la suite des élections municipales de mars 2026.