Grève du 5 novembre : transports, éducation, santé…, quels secteurs seront touchés jeudi ?
Alors que les syndicats, rejoints par les jeunes et des « gilets jaunes », appellent les sphères publiques et privées à se mobiliser, jeudi 5 novembre, les différentes manifestations pour les salaires prévues en France, associées à la journée de grève interprofessionnelle, toucheront plusieurs secteurs à des degrés divers.
Transports
Les quatre organisations syndicales représentatives de la SNCF (CGT, UNSA-ferroviaire, SUD-Rail et CFDT) ont appelé ensemble à la grève, du mercredi 4 novembre 19 heures, au vendredi 6 novembre à 8 heures. Si la direction prévoit un trafic préservé sur les grands axes, avec 1 TGV sur 10 supprimé, il devrait en revanche être « perturbé » à « fortement perturbé » sur les lignes régionales, ainsi que sur certaines lignes de RER et de trains en Ile-de-France.
En région francilienne, le trafic sera affecté sur les RER B, C, D et E ainsi que sur les lignes de train J, L, H, N, R et U, mais sera normal sur le RER A et les lignes K, P et V. De son côté, la RATP table sur un trafic « normal » sur ses métros, bus et tramways, à l’exception de la partie sud du RER B qu’elle exploite, à partir de la gare du Nord, où circuleront deux trains sur trois.
Dans tous les ports français, les dockers de la CGT seront en grève. Ils ont donné le ton dès vendredi avec une grève de 24 heures qui a bloqué l’ensemble des ports. Un préavis de grève pour les contrôleurs du trafic aérien (fonctionnaires de la DGAC) a également été déposé par la CGT (USACcgt), FO (FEETS-FO), SUD Aérien et UNSA-Aérien.
Des « gilets jaunes » prévoient en outre des actions sur certaines routes, ronds-points ou autoroutes, dont l’ampleur est difficile à anticiper. Ainsi, à Strasbourg, un blocage est prévu sur l’A35 dès 8 heures. En Isère, la Confédération paysanne doit organiser un barrage filtrant à Voreppe, près d’un péage sur l’A48.
Education
Le ministère de l’éducation nationale estime le taux de grévistes, jeudi, à 17,54 % dans le premier degré public.
La veille, le Snuipp-FSU, premier syndicat du primaire, jugeait « difficile de figer une moyenne nationale » dès mercredi, mais affirmait s’attendre à une forte mobilisation, avec « un enseignant gréviste sur deux dans l’Oise, 40 % en Eure-et-Loire, et entre 50 et 70 % en Ille-et-Vilaine ». « En Seine-Saint-Denis, les prévisions atteignent jusqu’à 75 % dans certains secteurs, tandis qu’à Paris, nous recensons déjà près de 80 écoles fermées », ajoutait le syndicat.
Pour Sophie Vénétitay, la secrétaire générale du SNES-FSU, premier syndicat des collèges et lycées, la grève devrait être « bien suivie » dans le second degré.
Les syndicats de l’enseignement privé appellent aussi à la grève. Selon la principale organisation, la FEP-CFDT, « les indicateurs semblent montrer que la mobilisation sera plus suivie côté privé que la précédente », « le contexte social, politique [étant] propice à cette mobilisation ».
Le fonctionnement des cantines scolaires devrait également être affecté, comme à Strasbourg, où elles seront fermées.
Santé et Poste
Dans les hôpitaux publics parisiens (AP-HP), FO et la CGT appellent à la grève pour obtenir le retrait des coupes budgétaires prévues dans les projets de budget de l’Etat et de la Sécurité sociale, ce dernier étant arrivé au Sénat mercredi, après avoir été rejeté en commission à l’Assemblée nationale.
Les deux organisations appellent également à tenir dans les services et les établissements des assemblées générales pour établir des « cahiers de revendications service par service », alors que « les personnels de l’AP-HP n’en peuvent plus » de la dégradation de leurs conditions de travail.
Plusieurs syndicats de la Poste (CFDT, CGT FAPT, SUD PTT, FO) appellent à la grève. La CGT, deuxième syndicat, a même déposé un préavis de grève illimité à partir du 5 novembre.