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Guerre en Ukraine : « D’abord la reddition, ensuite la négociation. Tels sont les mots de Moscou »

· War chronicles

En bon propagandiste, partant du principe que deux mensonges valent mieux qu’un, le chef de la diplomatie russe a asséné, le 26 septembre devant l’ONU, une double contre-vérité. L’Europe ferait tout pour contrecarrer les négociations sur l’Ukraine, à rebours de la position des Etats-Unis, a dit Sergueï Lavrov. En somme, des « négociations » avec Washington avanceraient si elles n’étaient sabotées par les pays membres de l’Union européenne et par le Royaume-Uni. C’est faux pour la première affirmation (sur l’Europe) comme pour la seconde (sur les Etats-Unis). Mais ce petit monument d’agit-prop est très révélateur des objectifs réels de l’agression russe en Ukraine.

La Russie assure, la main sur le cœur, qu’elle est toujours prête à des pourparlers de paix. Devant le Conseil de sécurité des Nations unies, la dernière semaine de septembre, des voix les plus sages l’ont alors suppliée : arrêtez les combats ! Le président finlandais, Alexander Stubb, a observé que l’ouverture d’une négociation sérieuse supposait au préalable un cessez-le-feu, fût-il « conditionnel » (dont Kiev a accepté le principe). La même demande a été formulée de tous côtés – venant des Etats-Unis, du Sud global, des Européens. Mais Lavrov a été très explicite : c’est non. Pas tout de suite, pas maintenant. Pas de cessez-le-feu dans l’immédiat, qu’il s’agisse du matraquage quotidien des villes ukrainiennes ou de l’affrontement sur le terrain dans le Donbass – ce morceau d’Ukraine qui borde, sur plus de 1 200 kilomètres, la frontière avec la Russie.

Ne comptez pas sur nous pour une « pause » dans les combats, a expliqué Lavrov ; il faut d’abord que Kiev nous livre les 20 % restants du Donbass que l’armée russe n’arrive toujours pas à conquérir. Pour qui veut bien y prêter attention – ce n’est le cas à Paris ni de Marine Le Pen ni de Jean-Luc Mélenchon –, le discours du ministre ne déroge en rien à ce que martèle chaque jour le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov : pas de cessez-le-feu, pas de gel des batailles le long de la ligne de démarcation des deux armées. La guerre doit continuer, on parlera après. D’abord la « reddition », ensuite la « négociation ». Tels sont les mots de Moscou.

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