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Haute fonction publique : un manque de culture historique chez les candidats aux concours de l’INSP, l’ex-ENA

· Politics

Peut-on prétendre aux fonctions supérieures et dirigeantes de l’Etat sans connaître les grandes étapes de la chronologie politique du pays ? Si la réponse semble évidente, le paradoxe est pourtant bien réel. La lacune n’a d’ailleurs pas échappé aux jurys des concours d’entrée à l’Institut national du service public (INSP, ex-ENA), qui dressent, comme en 2025, un constat peu flatteur du niveau de certains aspirants hauts fonctionnaires. Dans son rapport publié vendredi 30 octobre, le président des jurys des concours 2026, Philippe Mahé, ne mâche pas ses mots : « Je déplore, après mes prédécesseurs, la méconnaissance par un trop grand nombre de candidats des faits majeurs de l’histoire politique, économique et sociale de la IVe et de la Ve République. »

« Les questions historiques ne doivent ni étonner ni être éliminées dès lors qu’elles s’inscrivent dans une chronologie contemporaine et qu’elles ont trait aux fondamentaux de l’Etat en France », poursuit l’ancien préfet du Finistère (2020-2023) et du Var (2023-2025). Et de citer des exemples qu’il juge « pas admissible[s] », comme celui de candidats incapables d’identifier un président de la République et de le situer correctement dans les soixante dernières années, ou encore d’autres considérant la période de la crise sanitaire du Covid-19 « comme la borne chronologique ultime de l’histoire contemporaine ».

Certes, les candidats sont « naturellement invités » à bien maîtriser l’actualité immédiate, rappellent les correcteurs de l’épreuve d’admissibilité de « question contemporaine » du concours externe, dont le sujet était cette année : « La nature démocratique de l’Etat le rend-elle impuissant ? » Mais, ajoutent-ils, les postulants doivent aussi disposer d’une « culture arrimée sur le temps long » pour « mettre en valeur » ou « relativiser » les événements les plus récents.

Un équilibre que nombre d’entre eux peinent à trouver : « Trop de candidats ont donné l’impression de ne connaître que les derniers mois, sans les inscrire dans une perspective historique. » A titre d’illustration, le rapport cite l’analyse selon laquelle l’absence de majorité claire à l’Assemblée nationale depuis la dissolution de 2024 serait la cause « directe » de l’impuissance « réelle ou présentée comme telle » de l’Etat démocratique.

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