« Hope », de Na Hong-jin : une chasse au monstre époustouflante
L’AVIS DU « MONDE » – CHEF-D’ŒUVRE
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Voici beau temps que le cinéma coréen ravit la cinéphilie par la rudesse de ses mœurs, la percussion de son style, la labilité de ses influences et registres. Aux figures tutélaires des décennies passées – tels Kim Ki-young ou Im Kwon-taek – ont succédé aujourd’hui Park Chan-wook et Bong Joon-ho, ce dernier ayant sans doute atteint, pour un cinéaste coréen, une aura internationale sans équivalent. Derrière ces figures de proue – et c’est une autre richesse de ce cinéma –, de nombreux réalisateurs creusent leur sillon, cultivant la tendance nationale à travailler au corps le cinéma de genre dans le double sens de la surenchère et de l’hybridité. Na Hong-jin, 52 ans, en est l’un des exemples les plus saillants.
Cette acuité s’accommode d’une productivité réduite : quatre films en vingt ans de carrière, tous estampillés « Festival de Cannes », avant d’être exploités dans les salles françaises. Deux polars ont ouvert le bal, The Chaser en 2008, suivi de The Murderer en 2010. Ici, un ex-flic devenu proxénète qui pourchasse dans une nuit hallucinée le serial killer dont ses « protégées » sont victimes ; là, un chauffeur de taxi de la communauté coréenne de Chine engagé pour exécuter un homme en Corée, la mission se révélant un piège infernal. Avec The Strangers (2016), Na Hong-jin, aux côtés d’un flic de campagne balourd, quitte la ville mais poursuit sur la piste du polar et des meurtres en série, l’infléchissant du côté du récit d’horreur et de la possession maléfique.
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