Incendie en Gironde : Saumos, le « village maudit » transformé par ses habitants en avant-poste improvisé
« Ça occupe l’esprit, pendant ce temps on arrive à oublier les paysages de nos vies qui brûlent ». Avec son polo d’agent de la défense des forêts contre les incendies (DFCI), Pascal Citrain, 67 ans, les yeux tendres et fatigués, observe le bouillonnement qui emplit la maison des chasseurs de Saumos (Gironde), mardi 28 juillet. Toute la vie de ce village d’un demi-millier d’âmes semble désormais battre dans ce chalet de 50 mètres carrés, et déborde même devant, sur la place de l’église Saint-Amand, où se croisent sans cesse camions de pompiers, tracteurs, citernes, pick-up.
Malgré l’évacuation de la commune, ordonnée le 24 juillet, des dizaines d’habitants sont revenus dès samedi. Ils préparent de généreux repas – poulet basquaise lundi, paella mardi – pour soulager tous ceux qui luttent. Le cœur du bourg est devenu l’épicentre du combat contre les reprises de feu qui se succèdent dans le Bordelais, du village du Porge, dévasté, au camp militaire de Souge, menacé.
Dans une ambiance presque légère, la petite foule hétérogène se partage les dernières informations sur le feu. On retrouve des connaissances, avec qui on discute de tout, du moment que ça permet d’occuper l’esprit ; on approuve la posture critique des maires du Porge, du Temple et de Saumos lors de leur rencontre avec le président de la République, Emmanuel Macron, la veille.
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