« Je crois que je vais donner procuration à mes enfants et les laisser voter pour moi » : à moins de six mois de la présidentielle 2027, plongée dans la France indécise
On les dit « changeurs », hésitants, parfois « volages ». Ils sont de ceux qui rendent incertains tous les pronostics des sondeurs, ceux que les candidats s’acharnent à convaincre pour grappiller quelques voix. Dans leurs rangs, on peut rejeter les convictions politiques de Marine Le Pen, mais être tenté par un bulletin Rassemblement national (RN) pour « renverser la table ». Ou se demander s’il faut voter « avec la tête ou avec le cœur ». On peut aussi être de gauche depuis toujours mais viscéralement opposé à la candidature de Jean-Luc Mélenchon et redouter son accession au second tour de l’élection présidentielle. Ou se demander si, après cinquante-quatre ans sans louper un scrutin, on ne resterait pas chez soi le 18 avril 2027, pour ne pas « signer un chèque en blanc » à des candidats jugés « indignes ».
A moins de six mois du premier tour du scrutin présidentiel, les indécis interrogés par Le Monde, dont la plupart ont répondu à un appel à témoignages publié sur le site début octobre, racontent la difficulté à défier les fidélités partisanes, l’anxiété de devoir faire un choix parmi une offre politique éloignée de ses convictions ou trop éparpillée. Ira, ira pas ? Voter, oui, mais par conviction ou par calcul ? Et pour quel candidat ?
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