Jonathan Personne chante la saudade montréalaise
Son nom est Personne. Pas Paul mais Jonathan, et, comme pour le guitariste de blues rock francilien, c’est un pseudo. Jonathan Robert l’a choisi pour distinguer ses activités en solo de celles menées avec son groupe, Corridor. Dans les deux cas, on a affaire à la meilleure proposition musicale, au rayon pop-rock éthéré, qu’ait apportée Montréal cette dernière décennie. Ce que confirme Répertoire, cinquième album signé en sept ans par Jonathan Personne et sorti vendredi 28 août, dix titres aussi finement ouvragés que le paysage de modélisme (montagne, fleuve, arbres et maisons) exposé sur la pochette. Doublé d’un artiste visuel, le chanteur et guitariste réalise en effet des maquettes et pas seulement de chansons.
« J’avais envie de lâcher un peu l’écran pour quelque chose de tactile et revenir à ce qui m’enchantait quand j’étais petit, les miniatures », explique le musicien. Il a donné rendez-vous dans un café près de son lieu de travail, situé dans le Mile-Ex, ancien quartier ouvrier abritant aujourd’hui des créateurs et des laboratoires de l’intelligence artificielle. « J’adorais les livres-jeux “cherche et trouve” et j’ai voulu retrouver cette pureté, cette passion du débutant. Quand la musique devient alimentaire, ça engendre des soucis. » Comme le ciel est bleu et que le temps est doux, Jonathan Personne propose d’ailleurs de migrer vers un havre d’innocence, le parc Jarry, avec ses érables, ses ormes et son étang aux canards.
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