Un pont, une route, une rivière, une forêt. Ces paysages défilent sur l’écran installé au centre du plateau du Quartz, à Brest (Finistère). Ils ont été filmés au Cameroun par la chorégraphe Betty Tchomanga lors de son premier voyage en décembre 2007, à l’âge de 18 ans, sur les traces de son père camerounais. C’est soudain la nuit et la pleine lune : la performeuse, à peine visible dans la pénombre, se campe de dos sur une petite estrade au ras du sol.
Ce modeste dispositif est celui du solo Histoire(s) décoloniale(s) #Autoportrait, créé le 3 mars, au Quartz, par Betty Tchomanga. En maillot de sport et chaussettes noirs, elle y rejoue quelques étapes brûlantes de son parcours. En voix off, une conversation entre copines surgit. « Pourquoi as-tu eu envie de faire de la danse ? », questionne une jeune femme. Et les souvenirs affluent dans la bouche de l’artiste née en 1989 d’un père camerounais et d’une mère française avec laquelle, enfant, elle dansait le rock dans le salon familial.
Dès l’âge de 9 ans, elle prend des cours de jazz et de classique avec Christine Bourguignon à l’école de Jonzac (Charente-Maritime), située à une quarantaine de minutes de Clérac où elle a grandi. « J’étais la seule Noire parmi les 900 habitants, entend-on quelques minutes plus tard dans le spectacle. Je suis noire en France et blanche au Cameroun. »
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