Économie

La Grèce tente de réguler la privatisation des plages pour lutter contre le surtourisme

La Grèce tente de réguler la privatisation des plages pour lutter contre le surtourisme

A Koufonissia, petit caillou des Cyclades d’environ 300 habitants, la mobilisation a fini par payer. Début février, la population avait appris avec colère que deux entrepreneurs avaient obtenu l’autorisation du ministère de l’économie pour l’installation de « beach bars » et de cantines sur deux des plus belles plages de l’île, Pori et Italida. Mais, quelques semaines plus tard, le gouvernement grec revenait sur cette décision.

Surtout, il a interdit, le 1er mai, l’exploitation commerciale de 13 nouvelles plages, dont celles de Koufonissia. Ces criques ou étendues de sable se situent notamment en Crète, à Corfou, à Leucade, mais aussi, en grande partie, sur des sites intégrés au réseau européen Natura 2000, reconnus pour leur biodiversité. En tout, ce ne sont pas moins de 251 plages à travers la Grèce et ses quelque 200 îles habitées qui bénéficient désormais d’un régime de protection renforcé. Beach bars, parasols, transats, food trucks, musique forte n’y sont désormais plus autorisés.

Avec près de 38 millions de visiteurs accueillis en 2025 (+ 5,6 % en un an), soit près de quatre fois sa population, la Grèce est confrontée à un paradoxe. La contribution totale du tourisme est estimée à environ 30 % du produit intérieur brut, selon l’Institut de l’Association des entreprises touristiques grecques (Insete), et représente actuellement le moteur principal de la reprise économique. Au pic de la saison touristique de 2025, le secteur a généré jusqu’à 750 659 emplois, un chiffre correspondant à 17 % de l’emploi total du pays, toujours d’après l’Insete.

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