La guerre en Ukraine à travers les lettres d’Olga et de Sasha : « Je ne me suis pas encore habituée à cet aspect de la guerre, à dire adieu pour de vrai »
Kyiv, le 23 septembre 2026
Chères lectrices, chers lecteurs,
J’écris ma lettre en regardant l’épaisse colonne de fumée qui s’élève non loin de chez moi, au-delà de la gare. Depuis ce matin, la ville est attaquée par des drones à réaction. Ils ont visé deux centres d’affaires ainsi qu’un grand centre commercial très connu, un bâtiment qui date de l’époque de l’architecture moderniste du XXe siècle et qui se trouve dans le quartier où maman travaille. Elle m’a écrit : « On s’enfuit. » A l’heure qu’il est, elle est dans le métro. Elle a couru s’y réfugier sous les sifflements des drones.
Ces engins très rapides terrorisent Kyiv [Kiev, en ukrainien] depuis un mois et leur apparition a bouleversé encore plus notre quotidien. Les attaques se succèdent, de jour comme de nuit. Nous entendons les sirènes presque toutes les trente minutes, souvent suivies d’explosions et de tirs de la défense antiaérienne. Certains drones à réaction peuvent parcourir 10 kilomètres en une minute. Quand, sur les chaînes Telegram, je vois que l’un d’eux est à l’entrée de Kyiv, sur la rive gauche, par exemple, je sais qu’il peut se retrouver chez moi en quelques instants.
Ce mois-ci, Marian, mon fils de presque 2 ans, devait faire sa rentrée au jardin d’enfants. Mais, avec son père, nous avons décidé de la retarder et de mettre sur pause le processus d’adaptation. Dima et moi ne sommes pas prêts à le laisser. L’école maternelle n’est pas obligatoire en Ukraine, surtout maintenant que les enfants passent la plus grande partie de la journée dans un abri. Les plus grands, eux, suivent leurs cours dans les sous-sols ou en ligne. Un mode d’enseignement hybride s’est peu à peu installé.
Il vous reste 83.88% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.