Une conférence des députés LFI Raphaël Arnault et Anaïs Belouassa-Cherifi, prévue vendredi 6 novembre au soir à Villeurbanne, a été autorisée in extremis par le tribunal administratif de Lyon, qui invalide en partie un arrêté pris la veille par la préfecture du Rhône.
« L’interdiction prononcée qui a pour effet de priver deux parlementaires de leur liberté d’expression ne peut être regardée comme nécessaire au maintien de l’ordre public », selon la décision consultée par l’Agence France-Presse (AFP).
Initialement programmé jeudi à Lyon, l’événement de présentation de son livre Antifasciste avait été annulé par la mairie de secteur dont dépendait la salle de conférence, pour des raisons de « sécurité ».
Il avait ensuite été reprogrammé par les organisateurs pour le vendredi et à Villeurbanne. Le préfet du Rhône, Etienne Guyot, avait interdit la conférence, invoquant « les risques de troubles à l’ordre public et notamment les affrontements entre des groupuscules radicaux qui revendiquent l’usage de la violence ».
Deux rassemblements étaient annoncés à proximité du lieu prévu de la conférence, l’un déclaré, hors délai, par la figure d’extrême droite Yvan Benedetti, l’autre par un groupuscule d’ultradroite sur les réseaux sociaux.
La famille du militant identitaire lyonnais Quentin Deranque, battu à mort à Lyon en février, avait vivement critiqué jeudi la tenue de cette conférence du député du Vaucluse, dont des proches sont mis en examen dans cette affaire.
Raphaël Arnault a été entendu le 29 octobre dans les locaux de la sous-direction antiterroriste (SDAT) en audition libre, dans le cadre de l’enquête sur la mort du jeune homme de 23 ans. Les coups avaient été portés après une bagarre entre militants d’ultragauche et d’ultradroite le 14 février en marge d’une conférence de l’eurodéputée LFI Rima Hassan à Sciences Po Lyon.