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La motion de censure des écologistes contre « l’inaction climatique » du gouvernement Lecornu est rejetée par les députés

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Une motion de censure ​contre le gouvernement ‌de Sébastien Lecornu, déposée par le groupe des Ecologistes, a été rejetée lundi 6 juillet après-midi à l’Assemblée nationale. 132 députés ont soutenu cette motion, ce qui ne suffit pas à atteindre la majorité de 289 voix nécessaires pour faire tomber le gouvernement.

Soutenue par La France insoumise (LFI), elle avait pour but de protester contre ce qu’ils considèrent comme une mauvaise gestion de la canicule de juin. En l’absence de soutien du Rassemblement national (RN) et du Parti socialiste (PS), la motion n’avait aucune chance de passer.

S’exprimant à la tribune, le premier ministre a accusé les députés signataires de la motion de censure d’« instrumentaliser les victimes de la canicule ». « Présenter comme définitifs des chiffres qui ne le sont pas, additionner des décès de nature différente et accuser le gouvernement d’avoir des morts sur la conscience n’est pas une alerte. C’est une faute », a lancé le premier ministre dans l’hémicycle de l’Assemblée.

« On peut contester l’action du gouvernement sans instrumentaliser les victimes. On peut demander davantage sans prétendre que rien n’a jamais été fait », a-t-il ajouté, disant vouloir « distinguer ces accusations des interrogations précises et légitimes exprimées par d’autres groupes sur les moyens de mieux adapter notre pays » au changement climatique.

« Personne n’est dupe », a poursuivi M. Lecornu. « Cette motion n’a pas été déposée pour obtenir un débat sur la canicule », mais vise à « éprouver les rapports de force à gauche, à exercer une pression sur ses différentes composantes et à distribuer des brevets d’opposition avant l’élection présidentielle ».

Olivier Faure désavoué par les députés PS

« Insoumis » et écologistes reprochent au gouvernement d’avoir « aggravé » les « vulnérabilités du pays » notamment « en coupant les budgets de l’adaptation » ou en « poursuivant des politiques d’aménagement et d’agriculture incompatibles avec la réalité du changement climatique ».

Le premier ministre s’est toutefois avancé sans crainte devant les députés : en l’absence de soutien du RN, qui ne veut pas « rendre service » aux Ecologistes, cette motion n’avait aucune chance de recueillir les 289 voix nécessaires pour renverser le gouvernement.

Le débat exacerbe néanmoins à nouveau les divisions de la gauche, y compris à l’intérieur du PS. Le premier secrétaire socialistes, Olivier Faure, avait annoncé qu’il voterait cette motion de censure, jugeant nécessaire d’adresser « un avertissement clair » au gouvernement sur « l’inaction climatique », dans une interview accordée dimanche au Parisien.

Les députés socialistes avaient eux annoncé qu’ils ne voteraient pas en sa faveur, contrairement à Olivier Faure. « Nous partageons (…) la colère contre l’inaction climatique d’Emmanuel Macron », mais les Français attendent « des solutions plutôt que d’entrer dans une crise politique sur ce sujet », estimait le groupe socialiste dans un communiqué.

Dans un courrier adressé à Sébastien Lecornu quelques jours avant le vote, consulté par l’Agence France-Presse, les députés socialistes écrivaient qu’« il n’[était] pas trop tard pour entendre les attentes » des Français contre le changement climatique, enjoignant le premier ministre à prendre des mesures. « Face au dérèglement climatique, nous ne sommes pas prêts », affirment-ils.

« Un mensonge politique »

Sébastien Lecornu avait répondu dimanche à une partie de ses demandes, en annonçant l’inscription au Sénat d’une proposition de loi sur l’adaptation au changement climatique, mais sans accéder à leur demande de hausse du fonds vert. La baisse ces dernières années de ce fonds, destiné à financer les projets des collectivités territoriales pour l’adaptation au changement climatique, est un des principaux reproches faits au gouvernement par la gauche.

La porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, avait, quant à elle, affirmé qu’il s’agissait d’une motion de censure « de posture politique » de la part des Ecologistes. « Ce n’est pas très sérieux. On a en ce moment 3 000 pompiers qui sont mobilisés sur des incendies. (…) On a des difficultés sur le plan budgétaire, on a des lois importantes qui arrivent à l’Assemblée, notamment sur la protection de l’enfance », avait réagi la porte-parole sur Franceinfo. « Face à la situation qu’on traverse, prétendre que censurer le gouvernement pourrait durablement, et également à court terme d’ailleurs, apporter des réponses est un mensonge politique », avait-elle estimé.