Chroniques de guerre

La Roumanie prend conscience de sa vulnérabilité face aux drones russes : « Nous sommes théoriquement dans un pays en paix et cela ne devrait pas arriver »

Cela aurait pu être pire, se disent les badauds dans la rue de Braila, dans la ville roumaine de Galati. Face à eux, un immeuble résidentiel affiche des vitres soufflées par une explosion, ainsi que des traces d’incendie au dixième étage. Vendredi 29 mai, à 2 heures du Matin, un drone russe Geran-2 a survolé cette ville portuaire de 217 000 habitants sur le Danube, à moins de 20 kilomètres de l’Ukraine.

L’engin a explosé sur le toit de cet immeuble, perforant le hall d’entrée d’un appartement qui a pris feu. Un adolescent de 14 ans et sa mère de 53 ans ont été légèrement blessés, tandis que 70 habitants ont été évacués. A deux mètres près, le drone aurait pu atterrir dans une des chambres à coucher.

« Je n’avais jamais ressenti de telles émotions », souffle Mihaela, habitante des environs, qui n’a pas souhaité donner son nom de famille. « Nous sommes théoriquement dans un pays en paix et cela ne devrait pas arriver. On ne se sent plus autant en sécurité », poursuit cette économiste de 53 ans, dont les proches lui demandent de quitter la ville. Mais elle ne se voit pas partir de Mazepa, ce quartier construit pendant la période communiste. Ironie du sort, le nom fait référence au héros national ukrainien Ivan Mazepa (1639-1709), chef des cosaques d’Ukraine, dont la tombe se trouva un temps à Galati.

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