La rétrospective Jiro Taniguchi, près de Bruxelles, offre une ode à la finesse du mangaka
On a longtemps fait de Jiro Taniguchi (1947-2017) un cas éditorial à part dans l’histoire francophone du manga, où il fut publié à l’écart de ses compatriotes et assis à la table des bédéastes européens. Il demeurait une exception pour qui n’aimait pas le neuvième art japonais. On citait le dessinateur comme un exemple du manga adulte et artistique, qui s’opposerait à des productions criardes, à des personnages aux grands yeux, cheveux décoiffés, et à des scènes de bagarre débridées.
Ce temps paraît bien lointain quand on parcourt l’exposition qui lui est consacrée jusqu’au 14 février 2027 à la Fondation Folon, en Belgique. Outre son indiscutable talent et sa singularité, on mesure combien le maître avait compris et investi le manga et sa grammaire. Sillonner son œuvre lors de cette rétrospective revient à prendre conscience de la richesse de ce mode d’expression graphique. Elle permet de réinscrire pleinement Jiro Taniguchi dans un pan de la bande dessinée dont certaines clés et œuvres majeures nous échappent encore de ce côté-ci du monde.
L’auteur qui aimait tant la figure du promeneur et la flânerie se voit ici mis à l’honneur dans une déambulation thématique en neuf chapitres. Une promenade sans ostentation et élégamment mise en scène, à l’image d’un artiste auquel le Festival international de la bande dessinée d’Angoulême avait aussi consacré une exposition en 2015. L’écrin champêtre de la Fondation Folon, dans la ferme du château de La Hulpe, à une bonne demi-heure au sud de Bruxelles, n’est pas pour déplaire et sied à une œuvre où la nature est souvent de la partie.
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