La ruée sur les ports
Il symbolise l’importance du Sri Lanka dans la rivalité entre New Delhi et Pékin au cœur de l’océan Indien. Le port de Colombo, en plein centre de la capitale économique sri-lankaise, incarne la compétition qui se joue entre l’Inde et la Chine dans toute la région. Ici, sur l’une des routes maritimes les plus fréquentées au monde, opèrent côte à côte le Colombo International Container Terminals, géré à 85 % par China Merchants Port Holdings Company, et le Colombo West International Terminal, contrôlé majoritairement par l’indien Adani. Les projets du conglomérat du magnat Gautam Adani, président d’Adani et proche du premier ministre, Narendra Modi, s’inscrivent généralement dans les priorités du gouvernement nationaliste hindou.
Le complexe se situe au bout de Galle Face, la charmante promenade de la capitale qui fait face à l’océan Indien. Une fois l’enceinte de sécurité franchie, le visiteur longe durant plusieurs minutes le terminal géré par la Chine, avant d’atteindre celui d’Adani. Des dizaines de grues s’élèvent dans un ciel couleur des ténèbres, si caractéristique de la mousson dans cette région du monde. Elles chargent, en cet après-midi de juin, un cargo battant pavillon bangladais, y empilant des conteneurs bleus, orange et gris. En 2025, le port de Colombo a traité environ 8,3 millions de conteneurs équivalents 20 pieds (EVP, l’unité de mesure standard du transport maritime). Une capacité qui ne va cesser d’augmenter, tant les projets de futur développement se multiplient.
Le terminal Ouest, opéré par Adani et mis en service en avril 2025, va doubler sa capacité de 1,6 million de conteneurs EVP d’ici à la fin de l’année 2026 pour atteindre 3,2 millions. « Et nous n’en avons pas encore fini », affirme Munish Kanwar, le PDG de ce terminal. Le port de Colombo a pour objectif d’atteindre 35 millions de conteneurs EVP d’ici quinze à vingt ans. « Le pays vient tout juste de commencer à attirer des investissements supplémentaires dans le secteur portuaire », poursuit le patron.
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