La ville de Colombes et l’« entrisme islamiste » : anatomie d’une controverse
Le fracas de la campagne pour les élections municipales est retombé à Colombes. La quatrième commune (près de 100 000 habitants) du département des Hauts-de-Seine, historiquement dominé par la droite – à l’exception des fiefs communistes de l’ancienne « ceinture rouge » (Bagneux, Malakoff, Nanterre et Gennevilliers) –, est coutumière des joutes électorales car elle est l’une des rares où l’alternance est possible et régulière. En mars, le maire sortant Patrick Chaimovitch (Les Ecologistes) a perdu le scrutin face au candidat Les Républicains (LR) Joakim Giacomoni, au terme d’une campagne émaillée d’accusations d’« entrisme islamiste » visant la gauche.
Depuis un an, ce sujet est le nouveau cheval de bataille du gouvernement et de la droite conservatrice. Il ne s’agit plus de combattre le terrorisme djihadiste ou le séparatisme salafiste, mais une menace plus insidieuse portée par les Frères musulmans : sous couvert de légalisme et d’adhésion à la démocratie, ces derniers chercheraient à infiltrer les institutions de la République pour les amener à adopter des règles compatibles avec un mode de vie islamique – et, à terme, la charia –, comme les menus halal à la cantine, les horaires différenciés pour les femmes dans les piscines, la non-mixité, etc.
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