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La voiture de fonction de Jean-Pierre Raffarin impliquée dans une « collision », une enquête ouverte

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Une enquête pour blessures involontaires par conducteur a été ouverte après une « collision », à Paris au mois de juin, entre la voiture de fonction conduisant Jean-Pierre Raffarin et un motard, qui accuse l’ancien premier ministre de ne pas lui avoir porté assistance.

« Une moto et une voiture administrative appartenant au ministère des affaires étrangères avec chauffeur de ce même ministère conduisant Jean-Pierre Raffarin » sont entrées en « collision » dans le 17e arrondissement de Paris le 11 juin, fait savoir, vendredi 3 juillet, le parquet de Paris, confirmant une information de Mediapart. Le motard est blessé gravement au niveau des testicules, précise à l’Agence France-Presse (AFP) une source proche du dossier.

Il « a indiqué être passé au vert et avoir été percuté par une voiture avec gyrophare arrivant par sa droite, qu’il avait vue trop tard », souligne le parquet, ajoutant qu’un témoin a affirmé que le véhicule était passé au rouge. Le conducteur de la voiture, 53 ans, « a confirmé avoir fait usage du deux-tons », la sirène de la police, « et que la présence d’un camion avait pu restreindre la visibilité ».

« Ils ne m’ont pas aidé »

Fin juin, après les révélations de Mediapart, l’ancien premier ministre avait déclaré regretter « profondément » cet accident, sur le réseau social X. « La justice a été saisie et donc on va la laisser faire son travail », affirme son entourage, sollicité par l’AFP.

« A la suite de cet accident, le ministère des affaires étrangères a procédé à des diligences internes. Il attend le rapport d’enquête pour apprécier les éventuelles suites administratives à donner », explique pour sa part le Quai d’Orsay.

Dans une interview à Mediapart, Victor (prénom d’emprunt), 30 ans, dit ne pas se rappeler avoir entendu la sirène « sur le moment ». Ni le chauffeur « ni M. Raffarin ne se sont souciés de moi. Ils ne m’ont pas aidé, ne m’ont pas parlé et n’ont pas pris de mes nouvelles ». D’après un témoin cité par Mediapart, une fois la police sur place, « Jean-Pierre Raffarin est parti discrètement à pied (…) sans s’enquérir du blessé au sol ». A ce stade, M. Raffarin n’a ni vu ni appelé la victime, selon une source proche du dossier.

« Je me suis rendu immédiatement à l’hôpital pour prendre des nouvelles et laisser mes coordonnées », s’est-il défendu fin juin. L’ancien sénateur de 77 ans est en effet allé à l’hôpital, sans pouvoir le voir, et a laissé un mot, confirme Victor. « Dans cette lettre, il incrimine complètement son chauffeur », explique-t-il au média d’investigation. « A la fin, il précise regretter tout cela et laisse son numéro de téléphone pour me proposer son aide si besoin. Pour moi, il a clairement agi après un conseil politique qui a dû lui être donné », pense le jeune homme, qui ne sait pas encore s’il y aura des conséquences sur sa fertilité.

Question sur la voiture de fonction

Matteo Bonaglia, avocat de Victor, n’a pas souhaité faire de commentaire. Il confirme néanmoins avoir déposé une plainte « surtout pour solliciter la réalisation d’un certain nombre d’actes d’enquête » dont il redoutait « qu’ils ne soient pas réalisés à temps ».

Cet accident soulève également la question de l’agenda de Jean-Pierre Raffarin et l’utilisation de cette voiture de fonction. A Matignon entre 2002 et 2005, il n’a plus droit à l’usage d’un véhicule et d’un chauffeur, depuis un décret du gouvernement en septembre.

Fin juin, M. Raffarin a expliqué qu’il en bénéficiait en lien avec sa « mission officielle temporaire et non rémunérée quant aux relations sino-françaises », le Quai d’Orsay confirmant avoir « été chargé de fournir les moyens adaptés à cette mission ». Mais le 11 juin, il rentrait d’un voyage au Canada et avait à son agenda un déjeuner au Club des Cent, un groupe réservé aux hommes, selon Mediapart. M. Raffarin leur répond s’être rendu à sa fondation pour « régler une urgence », puis à l’hôpital, et ne pas avoir déjeuné.

Sur les circonstances de l’accident, Jean-Pierre Raffarin a déclaré à Mediapart que le chauffeur avait ralenti et déclenché « l’avertisseur en raison d’une situation confuse au carrefour ». Selon une note du Quai, citée par Mediapart, M. Raffarin a demandé à son chauffeur d’actionner le gyrophare.