« L’absence prolongée de Défenseur des enfants adresse un message préoccupant » : le gouvernement pressé par des associations de pourvoir le poste
« Notre pays a besoin d’une autorité indépendante qui porte la voix des enfants » : une cinquantaine de personnalités, dont de nombreux responsables associatifs, ont appelé le premier ministre, Sébastien Lecornu, à nommer « dans les plus brefs délais » un nouveau Défenseur des enfants, alors que le poste est vacant depuis trois mois.
Mi-juillet, le sénateur François-Noël Buffet (Les Républicains) a été nommé au poste de Défenseur des droits, en remplacement de Claire Hédon, mais trois mois plus tard, le poste d’adjoint de Défenseur des enfants « n’est pas encore pourvu », déplorent dans une lettre adressée lundi 26 octobre au premier ministre une cinquantaine d’acteurs du secteur de l’enfance, parmi lesquels figurent les cinq précédents occupants du poste.
« L’absence prolongée de Défenseur des enfants adresse un message préoccupant dans la période même où le gouvernement entend vouloir renforcer la protection des enfants », en particulier à travers un projet de loi actuellement examiné au Sénat, estiment les signataires de la lettre, notamment des responsables associatifs comme Adeline Hazan, présidente de l’Unicef France, et Arnaud Gallais, président de Mouv’Enfants.
Porter la voix des enfants
Ce délai « peut s’analyser comme une carence », déplorent également les auteurs de la lettre. « Notre pays a besoin d’une autorité indépendante qui s’attache au respect des droits des enfants et porte leurs voix », ont-ils insisté.
En janvier, le dernier Défenseur des enfants, Eric Delemar, estimait auprès de l’Agence France-Presse que les droits des enfants étaient « régulièrement bafoués » en France et appelait à un « sursaut politique ». Il alertait sur le coût « humain, psychologique et économique » du manque de considération d’une jeunesse « de plus en plus stigmatisée ».
Le Défenseur des droits est une institution indépendante qui veille au respect des droits et libertés. Héritier du médiateur de la République et mis en place en 2011, il intervient dans cinq domaines : les usagers du service public, la protection des enfants, les discriminations, la déontologie des forces de sécurité et la protection des lanceurs d’alerte.