En matière de violences conjugales, les procès sont souvent le théâtre de cinquante nuances de dénégations. Devant la 11e chambre correctionnelle du tribunal judiciaire de Créteil, mercredi 7 octobre, les prévenus – tous des hommes – en ont livré une saisissante illustration. Il y a d’abord les mots de ce retraité, dont la compagne fut trouvée en pleurs par les policiers, il y a quelques mois, le visage marqué de coups, des contusions aux côtes : « C’était une furie, vous avez déjà vu une furie ? » ; « Je l’ai juste attrapée au visage pour la repousser » ; « Elle a glissé sur l’évier ». Puis vient le tour de ce père de famille de 47 ans, poursuivi pour violences sur femme et enfants, qui reconnaît « deux tapettes » sur son fils et avoir tiré les cheveux de son épouse, mais nie ou minimise tout le reste, « des calomnies et des mensonges ».
La dernière affaire jugée, mercredi, sort du lot. S’avance à la barre, dans une tenue élégante, chemise blanche sous pull gris, Wilfried Happio, 28 ans, pas vraiment un anonyme. Ce sprinteur, spécialiste du 400 m haies, a été maintes fois sélectionné en équipe de France et fut vice-champion d’Europe en 2022. Il est accusé de violences physiques et verbales répétées, entre 2017 et 2019, sur son ex-compagne.
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