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L’avenir de la tour Montparnasse suspendu à la fin de la zizanie entre ses copropriétaires : enquête sur un interminable Monopoly

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Rien n’est jamais acquis, à Montparnasse. Depuis dix ans qu’on promet un quartier reconfiguré, agréable à vivre, électrisé par une tour refaite à neuf, rien n’a bougé. L’enchevêtrement de dalles et de voies de circulation qui enserre les abords de la gare, dans le 15e arrondissement de Paris, est toujours aussi hostile aux piétons.

Dix ans de concours d’architecture, de projets abandonnés, de solutions de rechange sorties du chapeau, et le vieux totem aux reflets marron trône toujours dans le ciel de la capitale. Vidé de ses occupants depuis fin mars, il voit sa façade se désagréger, des morceaux de vitres – encore durant l’été – se décrocher, et la perspective de sa transfiguration reléguée chaque jour un peu plus dans les limbes. Les images du collectif d’architectes Nouvelle AOM, lauréat du concours en 2017, qui figuraient une tour rhabillée de lumière, la silhouette épaissie à la base et rehaussée en son sommet d’une toque de verdure, ont perdu leur cachet tant cette esthétique s’est banalisée.

Au printemps, le chantier était sur le point de démarrer. Mais, une fois de plus, la machine a déraillé. En plein mois de juillet, le plus gros copropriétaire déclare qu’il ne soutient plus le projet. Le devenir du gratte-ciel vacille, alors que le compte à rebours est lancé : si les travaux ne démarrent pas avant fin novembre, le permis de construire expire, et c’est toute l’opération qui tombe à l’eau. Le maire de Paris, le socialiste Emmanuel Grégoire, a dû rappeler les copropriétaires à leurs responsabilités. Ce projet est certes privé mais il n’en revêt pas moins, par sa dimension urbaine et sa puissance symbolique, un caractère éminemment public. Emblématique de cette histoire qui n’a eu d’autre réalité jusqu’à présent que celle d’un ahurissant enchaînement de crises autoengendrées, cette séquence attend toujours son dénouement. La plupart des protagonistes témoignent sous le couvert de l’anonymat, d’autres se murent dans le silence.

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