Le bassiste Michel Alibo fête ses 50 ans de carrière au New Morning
« I ka kouri tout koté » (Il court de tous les côtés)… Traduction de cette locution en créole martiniquais : Michel Alibo est un homme très occupé. Le musicien natif de Paris et originaire du Robert, en Martinique, donne rendez-vous à la terrasse d’un café parisien. Juste une heure avant une impérative séance de répétition. Le bassiste au look de biker doit rejoindre, entre autres, les musiciens de jazz Arnaud Dolmen (batterie), avec qui il a collaboré à la faveur d’un album l’an dernier, et Mario Canonge (pianiste), avec qui il a notamment cofondé le groupe Sakésho en 2002.
Mercredi 7 octobre, Michel Alibo a choisi de se produire au New Morning pour fêter ses 50 ans de carrière. L’occasion, pour cet artisan du jazz fusion made in France, biberonné au funk de James Brown et de Larry Graham ou encore au kompa de Tabou Combo, de se départir un brin de l’étiquette d’éternel accompagnateur mais encore de rappeler à notre bon souvenir qu’il est un compositeur, leader et chanteur accompli, fort de trois albums solos qui font encore parler d’eux.
Cinquante ans de scènes et d’enregistrements à 67 ans ? De fait, Michel Alibo n’a que 16 ans lorsqu’il devient partie prenante, en 1976 et pendant un mois, de la tournée camerounaise du chanteur de makossa Elvis Kemayo. Avant cela, ce « chabin » (sobriquet désignant une personne noire à la peau claire aux Antilles) est encore un autodidacte qui commence tout juste à faire parler de lui, écumant clubs et boîtes de nuit parisiennes, munie de « la basse déglinguée » de son frère aîné.
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