La commission d’éthique du Comité international olympique (CIO) a rejeté la plainte de l’ONG britannique de défense des droits humains FairSquare visant Gianni Infantino, le président de la Fédération internationale de football association (FIFA), a fait savoir un porte-parole du CIO auprès de l’Agence France-Presse, vendredi 24 juillet. En vertu de la charte olympique, « chaque fédération internationale garde son indépendance et l’autonomie de sa gouvernance », justifie-t-il : à cet égard « la plainte est hors de la juridiction » couverte par la commission.
FairSquare avait annoncé début juillet qu’elle allait saisir l’instance en raison des « violations répétées de la neutralité politique » de Gianni Infantino, qui a régulièrement affiché sa proximité avec le président des Etats-Unis Donald Trump. Or, le serment prononcé par la centaine de membres du CIO, dont fait partie l’Italo-Suisse, leur impose d’agir « indépendamment des intérêts commerciaux et politiques », une obligation d’ailleurs reprise par la Charte olympique.
En février, l’instance établie à Lausanne (Suisse) avait déjà écarté une première polémique sur la présence de Gianni Infantino au « Conseil de paix » convoqué par Donald Trump, coiffé d’une casquette rouge floquée « USA » et « 45-47 », référence aux deux mandats du dirigeant républicain. « Nous comprenons que la FIFA soutient, à travers le football, un vaste programme d’investissement pour la relance du sport à Gaza, en Palestine, en apportant des infrastructures sportives, des actions éducatives et des projets de développement de haut niveau », avait alors déclaré un porte-parole du CIO, jugeant la fédération « dans son rôle » et passant sous silence le couvre-chef arboré par son responsable.
Plainte de la fédération norvégienne
En décembre 2025, Gianni Infantino avait aussi remis en personne un « prix de la paix » de la FIFA au président des Etats-Unis, à l’occasion du tirage au sort de la phase de groupes de la Coupe du monde 2026, organisée du 11 juin au 19 juillet en Amérique du Nord. Lors de la compétition, Donald Trump s’était vanté d’avoir appelé Gianni Infantino, avant que la FIFA ne lève, à la surprise générale, la suspension infligée à l’attaquant américain Folarin Balogun après un carton rouge. L’Italo-Suisse a assuré lui avoir répondu que la commission de discipline de l’instance était « indépendante ». Une affirmation qui n’a pas levé les doutes sur une possible collusion dans ce dossier.
Jeudi, la présidente de la fédération norvégienne Lise Klaveness a indiqué qu’elle allait porter plainte auprès de la commission d’éthique de la FIFA à propos de l’intervention de Donald Trump dans l’affaire Balogun. Cette plainte pourrait être jointe à une précédente saisine de cette commission, effectuée en juin dernier par la fédération norvégienne et FairSquare concernant « la remise par la FIFA de son soi-disant prix de la Paix », a précisé la dirigeante.