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Le conflit se poursuit entre les salariés de SFR et Bouygues Telecom, Free et Orange sur le volet social du rachat de l’opérateur

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Il est 10 heures passées, mardi 3 novembre, quand de nombreux employés du siège de SFR à Balard, dans le 15e arrondissement de Paris, quittent par grappes leurs bureaux et open space pour se masser au pied de l’immeuble. Arborant pour certains des tee-shirts au message « SFR c’est nous » par-dessus leurs manteaux, tous convergent, sous une pluie fine, vers la camionnette des syndicats surmontée de grosses enceintes, d’où tambourinent les tubes Djadja d’Aya Nakamura, ou encore Demain, c’est loin d’IAM. Après une première grève, le 24 septembre, c’est la deuxième fois que les troupes de l’opérateur de Patrick Drahi, qui compte 8 000 employés, manifestent contre le processus, en cours, de rachat du groupe par ses rivaux Bouygues Telecom, Free et Orange, pour un montant compris entre 20,35 et 21 milliards d’euros.

A l’instar de Caroline (dont le prénom a été changé, à sa demande, pour préserver son anonymat), employée à la direction des systèmes d’information, beaucoup sont choqués par cette opération de « démantèlement » du numéro deux français des télécoms, « qu’on va détruire entièrement ». Après vingt ans passés chez SFR, elle en veut beaucoup à la direction comme à M. Drahi, qualifiés de « magouilleux » : « On a l’impression qu’[à leurs yeux, les salariés sont] juste des pions qu’on peut jeter », se désole-t-elle. Comme d’autres, cette quadragénaire craint surtout de perdre son emploi, précisant qu’elle a « un crédit » avec des remboursements de « 2 000 euros par mois ».

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