Alors que L’Odyssée, le péplum de Christopher Nolan, fait main basse sur le box-office français, nous revient au rayon ressorties Lawrence d’Arabie (1962), la célèbre fresque saharienne du Britannique David Lean, dans une restauration 4K à tomber de son fauteuil. Le rapprochement n’a rien d’anodin. Appartenant tous deux à l’école de l’épopée et du gigantisme, les deux films incarnent chacun une période de riposte du cinéma face à la concurrence des écrans domestiques : dans les années 1960, où il s’agissait de se démarquer de la télévision, aujourd’hui des plateformes de streaming. Et ce avec des moyens similaires : élargissement du cadre, grands espaces, parades militaires, noces du mythe et de l’histoire.
Parangon du cinéma à grand spectacle, Lawrence d’Arabie adoptait déjà la forme d’une odyssée pour décrire la première grande fissure de l’épopée coloniale. Par ailleurs, le véritable T. E. Lawrence, fantasque officier britannique ayant inspiré le personnage joué par Peter O’Toole, est aussi le traducteur anglais de l’Odyssée, qu’il publia en 1932, plusieurs années après ses péripéties en terres arabes.
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