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Le flamboyant « Enamorada », sur un amour pris dans les soubresauts de la révolution mexicaine, revient en salles

· Culture

Bien avisés sont Les Films du Camélia, qui poursuivent leur exploration des classiques mexicains avec le flamboyant Enamorada (1946), d’Emilio Fernandez, variation libre sur le motif de La Mégère apprivoisée, servi dans une restauration dernier cri supervisée par The Film Foundation de Martin Scorsese. Durant l’âge d’or des studios, Mexico fut une sorte de pendant à Hollywood, une industrie-miroir calquée sur le même modèle, mais au style de production plus ardent, moins puritain.

De ce système, Emilio Fernandez (1904-1986) fut l’un des piliers, un cinéaste prolifique au tempérament de feu, surnommé « El Indio » pour ses origines indigènes kickapoo du côté de sa mère. Sa notoriété a même voyagé jusqu’en Europe, grâce au Grand Prix décroché à Cannes pour Maria Candelaria (1944), son quatrième long-métrage.

Fils d’un général de Pancho Villa, devenu capitaine de cavalerie à 19 ans, Emilio Fernandez fut lui-même pris dans les soubresauts de la révolution mexicaine, participant en 1923 à la révolte armée du général Adolfo de la Huerta. Condamné à la prison, il s’évade vers les Etats-Unis, devient cascadeur et figurant de westerns à Hollywood, et donne même de sa plastique comme modèle pour la statuette des Oscars. Amnistié en 1930, il revient au pays avec la ferme intention d’en filmer l’histoire.

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