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Le gendarme du renseignement sur la retenue face à la question de l’« entrisme » islamiste

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Un sigle abscons, un langage à décourager les passionnés d’espionnage, mais un rôle unique de contre-pouvoir. Tel pourrait être le portrait de la Commission nationale de contrôle des techniques de renseignement (CNCTR) qui, depuis sa création, en 2015, rend compte, annuellement, de l’activité des services de renseignement français. Chaque jour, elle rend des avis consultatifs et indépendants à leurs demandes de mise en place de techniques de surveillance – écoutes, géolocalisation, données informatiques, captation d’image et de son, etc. Le feu vert est donné par le premier ministre.

En 2025, plus de 25 000 personnes ont fait l’objet de surveillance, selon son président, Vincent Mazauric, qui présentait, mercredi 24 juin, son rapport annuel. La lutte contre le crime organisé a été au premier rang des requêtes devant les ingérences étrangères, notamment russes. Mais le sujet le plus marquant de l’année passée fut, sans conteste, le bras de fer qui a opposé, sans bruit, la CNCTR et le ministère de l’intérieur sur la question de l’utilisation des techniques de renseignement pour lutter contre « l’entrisme islamiste ».

Bruno Retailleau, alors ministre de l’intérieur, avait considéré que la lutte contre ce phénomène relevait d’une priorité pour le pays et participait de la défense des intérêts fondamentaux de l’Etat, autorisant ses services à solliciter la Commission sur ce fondement. La CNCTR avait, pour sa part, émis un avis défavorable, considérant que cela était contraire à la loi. Matignon n’était pas passé outre.

« Pas de chemin juridique »

Son successeur à Beauvau, Laurent Nuñez, s’est fait moins expéditif. Il confirmait, fin 2025 devant le Parlement, que « l’entrisme religieux est plus pernicieux et sournois que le séparatisme car, par une stratégie de dissimulation, il endosse les habits de la République pour imposer une loi religieuse ». Il admettait, néanmoins, que « le dispositif juridique ne s’applique pas pour l’entrisme, ou très difficilement », ajoutant : « Il ne faut surtout pas donner à nos compatriotes de confession musulmane le sentiment d’une action gouvernementale islamophobe, d’autant que la plupart n’ont aucun problème avec les valeurs de la République. »

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