Culture

Le Ghana sème objets et fantômes du colonialisme à la Fondation Cartier

Le Ghana sème objets et fantômes du colonialisme à la Fondation Cartier

Si c’était un concert, il s’appellerait « Mahama and friends ». Dans l’exposition « Le Temps des récoltes », Ibrahim Mahama est à la fois l’interprète principal et le compositeur. Il a invité à jouer avec lui sept artistes et deux collectifs. La plupart sont ses compatriotes ghanéens, mais pas tous : Tjasa Rener est slovène, Feda Wardak franco-afghan, et le Cercle d’art des travailleurs de plantation congolaise a pour base Lusanga, en République démocratique du Congo. « Le Temps des récoltes » n’est pas un panorama de la création contemporaine au Ghana. Pour qu’il le soit, il faudrait les draperies mouvantes et lumineuses faites d’éléments métalliques récupérés qu’El Anatsui déploie depuis une trentaine d’années ; et les portraits qu’Amoako Boafo peint depuis plus d’une décennie avec une grande intensité.

L’exposition occupe les trois niveaux de la Fondation Cartier. Le plus bas, qui est le plus vaste, est presque exclusivement occupé par les travaux de Mahama lui-même : installations au sol, créations textiles suspendues, collages à partir de documents et montages d’images, numériques pour beaucoup. Il y a là Parliament of Ghosts, installation de dizaines de tabourets ashantis disposés en cercle. Les fantômes étant celles et ceux qui s’asseyaient jadis sur ces sièges aux bases sculptées et ajourées, avant que la colonisation ne les rafle pour les collections européennes.

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