Le Grand Prix décerné par la revue spécialisée « D’A » fixe le cap de la bonne architecture
Le projet lauréat, en 2026, du Grand Prix décerné dans le cadre du Prix d’architectures 10+1 – récompense attribuée, depuis 2019, par la revue spécialisée D’A – n’est pas une de ces architectures sur lesquelles on se retourne pour en admirer le profil héroïque, ou les formes rebondies. Ce n’est pas un de ces immenses équipements culturels ou sportifs qui attirent comme des aimants les grands noms de la profession. Réalisé par l’agence lilloise Béal & Blanckaert, dans le paysage de terrils emblématique du pays minier de l’Artois, il a consisté à transformer un ancien supermarché, le Carrefour Market de Nœux-les-Mines (Pas-de-Calais), en un tiers-lieu pédagogique, modèle de transition écologique et d’alimentation durable. Si le jury avait voulu entériner le changement de paradigme de l’architecture, il ne s’y serait pas pris autrement. Présidé cette année par Charlotte Malterre-Barthes, chercheuse en architecture et autrice d’un pamphlet appelant à un moratoire sur la construction, on peut imaginer que c’était son objectif.
Piloté par Nœux Environnement, une association qui œuvrait déjà à la renaturation du site, le projet visait la sobriété maximale, à la fois dans la construction et dans la consommation future du bâtiment. Et le résultat est épatant. Ne serait-ce que pour sa capacité à soulever des « ah ! » et des « oh ! » au moins aussi sonores que ceux qu’arrachaient les gesticulations des « starchitectes » d’hier, et qui disent bien l’émerveillement que peut susciter l’architecture d’aujourd’hui quand elle renoue avec ses fondamentaux pour répondre aux défis de notre époque.
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