Culture

« Le Procès d’une vie », au Théâtre du Splendid, à Paris, pièce distinguée par trois Molières, retrace de manière didactique le procès de Bobigny

« Le Procès d’une vie », au Théâtre du Splendid, à Paris, pièce distinguée par trois Molières, retrace de manière didactique le procès de Bobigny

C’est un spectacle à hauteur de femme qui a le mérite de redonner vie à l’histoire de Marie-Claire, Michèle, Lucette, Renée, Micheline. En 1972, elles furent les cinq accusées du célèbre procès de Bobigny. Des femmes ordinaires qui, grâce à leur solidarité sans faille (on ne parlait pas encore de sororité) et au combat de leur avocate, Gisèle Halimi (1927-2020), changeront le cours de l’histoire des droits des femmes à disposer de leur corps.

Le Procès d’une vie, actuellement au Théâtre du Splendid, à Paris, vient de remporter pas moins de trois Molières : meilleure pièce du théâtre privé, meilleurs auteurs pour Barbara Lamballais et Karina Testa et meilleur second rôle pour Jeanne Arènes. C’est beaucoup, voire excessif, surtout en regard de ses concurrents – entre autres Joël Pommerat, pour Les Petites Filles modernes (titre provisoire), et Tiago Rodrigues, pour Hécube, pas Hécube. Cette flopée de récompenses est en grande partie due au succès rencontré lors de sa création au Festival « off » d’Avignon en juillet 2025.

Cette pièce très didactique, notamment sur la notion de viol et sur l’absolue nécessité de faire avancer la loi sur le droit à l’avortement, combine la vie de Gisèle Halimi et la succession d’événements qui va mener au procès de Bobigny. Marie-Claire Chevalier (1955-2022), alors âgée de 16 ans, tombe enceinte après avoir été violée par un camarade de classe. Face à la détresse de sa fille, sa mère, Michèle (jouée par Céline Toutain, remarquable d’authenticité), employée à la RATP, élevant seule ses enfants, va tout faire pour l’aider. Elle se tourne vers sa collègue et amie, la croyante et empathique Lucette, pour qu’elle l’aide à trouver une faiseuse d’anges.

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