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Le RN prend ses distances avec la Russie sans clarifier sa position sur l’Ukraine, un exercice d’équilibriste à l’approche de l’élection présidentielle de 2027

· War chronicles

Il est des stigmates plus résistants que d’autres à l’entreprise de dédiabolisation du Rassemblement national (RN). Plus de quatre ans après le début de l’invasion russe en Ukraine, Marine Le Pen doit toujours justifier son ancienne mais riche fascination pour Vladimir Poutine. Mieux que personne, la députée du Pas-de-Calais sait le prix d’une telle passion – même reniée – à l’approche d’une présidentielle. Soucieuse depuis 2022 de battre en brèche toute mansuétude à l’égard du chef du Kremlin, elle n’en a pas moins jugé futiles les mises en garde d’Emmanuel Macron, sur la « nature de l’agressivité russe et des menaces en Europe », vendredi 18 septembre, lors d’une réunion avec l’ensemble des candidats à la présidentielle et les chefs de partis politiques.

« Oui, alors ça, n’importe qui est capable de le faire, a balayé la cheffe de file de l’extrême droite le même jour, en marge d’un déplacement dans l’Aude. Vous allez dans les rues, là, vous demandez à quelqu’un, il est [lui aussi] capable de vous dire : “Ouh là là ! Il y a un problème à l’international, et donc c’est catastrophique pour les intérêts de la France”. Mais, et ? Et quoi ? Ces choses-là nous dépassent, feignons d’en être les organisateurs, c’est ça ? » Si la citation de Jean Cocteau est approximative (« Puisque ces mystères me dépassent, feignons d’en être l’organisateur »), les doutes sur les alertes présidentielles sont intacts. Pourtant, la candidate aurait-elle fini par juger sa sortie malencontreuse et contre-productive dans sa quête d’une stature internationale ?

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