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« Le scandale de Manchester City confirme que les pires dérives du football ne font réagir que lorsqu’elles sont achevées »

· Sport

L’attente aura été très longue, mais huit ans après l’ouverture d’une enquête dans le sillage des révélations issues des « Football Leaks », le verdict a l’effet d’une déflagration, qui ébranle deux royaumes : la Premier League – le championnat anglais – et les Emirats arabes unis (EAU). Propriété depuis 2008 du cheikh Mansour Ben Zayed Al Nahyane, vice-président et vice-premier ministre des EAU, le club de Manchester City a été reconnu coupable, par une commission indépendante, de 114 des 115 infractions aux règlements financiers que lui reprochait la Premier League pour la période 2009-2018, a communiqué l’instance le 29 septembre.

Un arsenal de fraudes, dont des contrats fictifs, des paiements dissimulés et des transferts par l’intermédiaire de sociétés-écrans, a servi à maquiller la réalité comptable du club. Massivement subventionnés par Abou Dhabi, ses revenus ont été gonflés et ses dépenses minorées à hauteur d’un milliard d’euros.

L’ampleur de ce système l’expose à des sanctions qui ne pourront être légères : lourde amende, retrait de titres, points de pénalité, voire relégation. L’affaire, encore loin de son dénouement, invite toutefois à regarder au-delà du seul cas de City.

La Premier League a elle-même contribué au préjudice qu’elle doit sanctionner… après en avoir bénéficié. Le rayonnement des Skyblues – huit fois champions d’Angleterre depuis 2008, vainqueurs de la Ligue des champions en 2023 – a en effet servi celui de la Premier League, tout en lésant les autres clubs. Aujourd’hui, le palmarès du championnat national le plus prestigieux et le plus riche du monde est discrédité, son image dégradée.

Le football instrumentalisé

La complaisance de la Premier League envers les investisseurs les plus puissants a déjà été illustrée par le cas du Chelsea FC, racheté par l’oligarque Roman Abramovitch en 2003. Il aura fallu presque vingt ans et l’agression russe en Ukraine pour que les pouvoirs publics et sportifs trouvent problématique l’origine de sa fortune, et le poussent dehors.

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