« Le stress que ressentent les lycéens dès la 2de est stupéfiant » : des maires racontent les difficultés des élèves des quartiers populaires
La plupart des maires de villes abritant des quartiers populaires s’y attendaient. Certains se disent même surpris qu’elle n’ait pas eu lieu plus tôt. « Cela faisait longtemps que les lycéens ne s’étaient pas mobilisés, alors même que les raisons de le faire sont légion et légitimes, d’autant plus dans les quartiers populaires », commente Ali Rabeh, maire (Génération. s) de Trappes (Yvelines). Le mouvement, né en banlieue, est à leurs yeux le résultat d’une dégradation continue depuis plusieurs années des conditions de travail de leurs élèves, dont les difficultés, même si elles sont très largement partagées par l’ensemble des lycéens, sont accentuées dans les territoires fragiles.
Pénuries structurelles de personnel enseignant, non-remplacement chronique des professeurs, turnover particulièrement élevé, temps scolaire lourdement affecté, locaux vétustes et inadaptés… Maintes fois documentée – en 2018 déjà, un rapport parlementaire sur la faillite de l’Etat en Seine-Saint-Denis pointait une rupture d’égalité républicaine, notamment en matière d’éducation –, cette situation pénalisante n’a cessé de se détériorer. « A force de rajouter des couches et des couches de dégradations sociales, de procéder sans cesse à des coupes budgétaires, on pouvait s’y attendre », commente Gilles Leproust, le président de l’association des maires de ville et banlieue de France et édile (Parti communiste français, PCF) d’Allonnes (Sarthe).
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