Le « super El Niño » qui arrive pourrait effacer 20 milliards de dollars de croissance en Afrique
Le message circule sur certains groupes WhatsApp de Nairobi, donnant l’impression étrange qu’un ouragan va arriver sur les hauts plateaux kényans. « El Niño est là, soyez prêts ! » : sur fond de gros nuages noirs, l’affiche gouvernementale, inhabituelle, décline une vingtaine de recommandations aux citoyens de ce pays d’Afrique de l’Est, encore largement rural.
Il y a les conseils les plus évidents : vérifier son toit, désobstruer ses gouttières, réviser son générateur en prévision des coupures d’électricité ; il y en a d’autres, plus inquiétants : stocker un mois de médicaments, établir un plan d’évacuation du foyer, trouver un point en hauteur pour sécuriser le bétail (souvent une part importante des revenus et du patrimoine), s’équiper de lampes torches et de radios. Dans ce pays en développement, les eaux peuvent rapidement couper du monde des zones rurales.
L’Afrique de l’Est se prépare à l’arrivée de celui que l’on surnomme déjà le « super El Niño », qui va accentuer la saison des pluies, d’octobre à décembre, avec de forts risques de dégradations, glissements de terrain et inondations. Le phénomène météorologique, récurrent, pourrait être en 2026 le plus fort jamais observé, selon les scientifiques. « El Niño est déjà fermement établi et doit se renforcer dans les mois à venir, avec en général un pic atteint à Noël. L’impact devrait persister jusqu’en février 2027 », prévient Abubakr Salih Babiker, climatologue au sein de l’Organisation météorologique mondiale, une agence onusienne.
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