Le Théâtre des Champs-Elysées rend hommage au chorégraphe virtuose Hans van Manen
Quel phénomène ! Découvrir tardivement un chorégraphe vedette de la scène néerlandaise dont les ballets sont au répertoire de nombreuses compagnies internationales fait partie des anomalies que réserve parfois l’histoire de l’art. Cet homme mystérieux et méconnu s’appelle Hans van Manen (1932-2025). Resté loin de nos frontières et paradoxalement à deux jets de train, le travail affûté du « Mondrian de la danse », comme certains l’ont surnommé dans une allusion au peintre Piet Mondrian (1872-1944), « tantôt trop moderne pour les uns, trop classique pour les autres », tel qu’il le résumait lui-même lors d’un entretien au Monde en 2017, demeure un continent à explorer.
Depuis son premier opus Olé Olé, la Margarita, créé en 1955, à l’âge de 23 ans, Van Manen a imaginé jusqu’en 2019 environ 150 pièces en soixante années de recherche constante. Autant dire que les munitions ne manquent pas pour arpenter en grande largeur une œuvre qui constitue le terreau de la scène chorégraphique aux Pays-Bas. « Il faut savoir que nous n’avons pas une longue histoire de la danse dans notre pays, souligne Ted Brandsen, directeur du Het Nationale Ballet. Le ballet est apparu chez nous après la seconde guerre mondiale, et notre compagnie, qui est la troupe nationale comme le ballet de l’Opéra national de Paris, en France, a été fondée en 1961. Dans ce contexte, l’hybridation du classique et du contemporain s’est réalisée de façon organique, ici, comme le montrent les spectacles de Hans van Manen. »
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